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Digital influenceur : Clément Lhommeau nous parle de MOOC

Comme l'écriture et l'imprimerie ont, en leur temps, révolutionné les modes de diffusion du savoir et d'apprentissage, la vague numérique n'épargne pas le monde de l'éducation. E-learning, blended learning, MOOC, SPOC, ... le digital a envahi l'univers de la formation continue et professionnelle. Premier lauréat du Prix du mémoire digital en 2013, Clément Lhommeau revient sur sa réflexion sur les MOOC, un phénomène qu'il étudiait alors à ses débuts, et qu'il continue d'investiguer aujourd'hui en tant que VP Marketing et Communication au sein de la start-up 360Learning.

Des mémoires et des MOOC

Lorsque j'ai commencé à réfléchir à un sujet de mémoire à l'été 2012, je n'avais pas la moindre idée de ce qu'était un MOOC. Les seules choses dont j'étais sûr, c'est que je souhaitais trouver un sujet qui liait des thèmes qui m'étaient chers et me passionnaient : l'éducation et le numérique. Pourquoi ? Tout simplement car je savais que ce mémoire orienterait peut-être le début de ma carrière. Je souhaitais donc mettre toutes les chances de mon côté pour commencer par quelque chose qui me plaisait. 

En 2012, les MOOC donc - ou Massive Open Online Course - ont à peine franchi l'Atlantique. En lisant la presse anglo-saxonne dans le domaine des technologies éducatives - "Edtech" - je me retrouve nez à nez avec cet acronyme qui m'intrigue. Sebastian Thrun, un professeur de l'université de Stanford vient tout juste de terminer son MOOC que près de 120 000 internautes ont suivi à travers le monde. Quelques recherches Google plus tard, je m'aperçois que ça n'est pas seulement un événement isolé. L'acronyme MOOC est de plus en plus cités aux USA et déjà de rares acteurs européens l'emploient eux-aussi pour qualifier leurs initiatives de cours en ligne. Bingo ! Les cours en ligne ouverts et massifs seront mon sujet. 

Mais qu'est-ce qu'un MOOC ? C'est un cours en ligne proposé par une institution identifiée (université, ONG, entreprise) et ouvert librement à l'inscription. Contrairement à ses ancêtres du Elearning, on repère 4 invariants chez les MOOC : les formats du Web, le collaboratif, les modalités d'évaluation et la temporalité. Les MOOC font en effet appel à la vidéo streaming et à des documents dynamiques différents des modules flash des années précédentes. Les forums y sont omniprésents et les apprenants sont appelés à échanger, débattre et enrichir le cours en continu. Des questions et des sondages sont posés pendant le cours pour fixer les connaissances ou recueillir des avis. Des examens viennent aussi sanctionner l'acquisition ou non des connaissances. Enfin, le MOOC se structure d'une façon bien précise : il débute à un moment A et finit à un moment B, définis dans le temps. Les cours sont quant à eux délivrés par semaine, séquentiellement. Dans leur sillage, les MOOC ont contribué à un renouveau des questionnements autour des nouvelles méthodes d'apprentissage : classe inversée et autres formes de blended learning, peer-learning, peer-assessment ou encore adaptive learning. Au delà du milieu restreint de l'enseignement supérieur, les MOOC ont su émerger auprès du grand public et ce, en 2/3 ans à peine. Fait assez rare pour être souligné. 

Aujourd'hui, les MOOC ont ouvert de nouvelles perspectives pour la formation dans le primaire, secondaire, supérieur, et même en entreprise. Ils bousculent des modèles économiques et des pratiques pédagogiques. Dernièrement, des startup américaines comme Coursera ou EdX proposent de véritables formations diplômantes en ligne (offrant des crédits universitaires) en partenariat avec des universités de renom. D'autres comme Udacity prétendent complètement se passer des universités en proposant des formations offrant "automatiquement un emploi, peu importe votre background". Les MOOC et ses dérivés (SPOC, COOC) - et finalement la technologie et le numérique au sens large - n'ont pas fini de bousculer les façons d'enseigner, d'apprendre et de penser "l'économie" de la formation de demain. Si le sujet vous intéresse, j'ai publié ce court article il y a peu de temps, n'hésitez pas à le parcourir. Sinon, il y a toujours ce livre. ;)

Un conseil pour le Prix du mémoire digital

La formation numérique en est encore à ses débuts. Les MOOC n'ont été que "la vague qui annonce le tsunami", pour reprendre les mots d'Emmanuel Davidenkoff. Avec mon mémoire de M2, j'ai eu la chance de surfer la bonne vague au bon moment et cela m'a ouvert - et m'ouvre toujours - de superbes opportunités. Si je devais donc donner quelques conseils à un étudiant qui recherche un sujet de mémoire, ça serait :

  • Identifier 2 à 3 thèmes qui vous passionnent (et dans lesquels vous aimeriez travailler) et voyez comment vous pouvez les croiser.
  • Fouillez et lisez beaucoup sur le Web. Notez des idées, synthétisez. Repérez les signaux faibles qui commencent à dessiner des tendances.
  • Ne vous précipitez pas sur votre première idée. Laissez la chose reposer 1 à 2 semaines tout en continuant vos recherches.
  • Dès que vous avez muri la chose, un bon exercice pour s'assurer de la solidité de son sujet est de rédiger une page contenant une présentation, une problématisation et quelques hypothèses de travail. Ca vous aidera à mettre les choses au clair, à structurer votre pensée tout en vous assurant de votre choix. Attention, à ce stade, il n'est pas encore trop tard. Si vous pensez que ça n'est pas le bon, autant arrêter dès maintenant et chercher autre chose.
  • Dernier conseil : Ne lâchez rien. Visez haut.

Au travail ! :)

Merci à Clément Lhommeau pour son billet sur les MOOC

Bio

Auteur de "MOOC. L'apprentissage à l'épreuve du numérique", Clément Lhommeau est directeur marketing de 360Learning, startup EdTech française proposant une solution de formation digitale pour les entreprises et les universités.

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